Explorer et mobiliser : jour 2 de #2018TTIX

Du point de vue du format, cette deuxième journée de l’Échange était nettement différente de la première. Elle était fermement centrée sur les discussions en groupes, la participation et l’interaction entre pairs. Les questions soulevées la journée précédente y ont été abordées plus en détail, en particulier du point de vue de la recherche. Plus diversifiés et détaillés, les échanges ont permis d’examiner les pratiques contextuelles.

Alex Awiti, directeur de l’Institut de recherche de l’Afrique de l’Est de l’Université Aga Khan, au Kenya, a commencé la journée par un discours-programme prônant l’utilisation d’approches perturbatrices et novatrices au chapitre de l’élaboration de programmes de recherche et du rayonnement. M. Awiti a souligné le rôle unique que jouent les groupes de réflexion à titre d’acteurs de la société civile, occupant l’espace entre l’État et les citoyens. Il a affirmé que nous devions repousser les hypothèses qui sous-tendent les programmes des grands États développementalistes et qu’à défaut de vérifier ces hypothèses, les groupes de réflexion ratent de belles occasions de produire un impact différent.

Il importe, soutient M. Awiti, de reconnaître que si le gouvernement est un acteur important dans l’élaboration de politiques, il n’est certainement pas le seul. Ainsi a-t-il fait référence aux groupes confessionnels qui utilisent des données de recherche au Kenya pour illustrer l’ensemble plus vaste et plus diversifié d’acteurs capables de réaliser le changement.

M. Awiti a également souligné qu’à l’ère des faits alternatifs, les producteurs de connaissances doivent redoubler de créativité pour produire et organiser leurs données. Ils doivent former de nouvelles alliances qui se détourneront de la recherche traditionnelle au profit de l’élaboration de politiques linéaires. M. Awiti a souligné l’importance des médias sociaux non seulement comme outils de communication et de diffusion de données, mais aussi comme ressources qu’il convient d’exploiter pour guider les programmes et recueillir le savoir collectif de la population. Selon lui, nous ne sommes pas les seuls à produire des connaissances; « le public a bien plus d’occasions que nous d’en produire.»

À l’issue de cet exposé, qui nous a donné amplement matière à réflexion, nous avons assisté à la première des deux séances sur le marché, tenues dans le cadre de l’Échange. Quarante-trois groupes de réflexion soutenus par l’ITT et trois autres soutenus par le CRDI ont profité de cette occasion pour présenter leurs recherches et résultats. L’importance du programme de l’ITT a été mise en évidence grâce aux nombreux stands aménagés dans la salle. C’était une belle occasion pour les participants de « vendre » leurs idées, de faire connaître leurs pratiques et de partager leurs expériences. Aujourd’hui, nous assisterons à la deuxième séance sur le marché, qui cette fois sera consacrée à l’établissement de collaborations ou de coalitions sur d’importantes questions auxquelles les groupes de réflexion doivent se rallier.

Cette séance était suivie des séances parallèles. Celles qui se tenaient avant la pause du dîner portaient sur des domaines de recherche particuliers, dont les changements climatiques et l’agriculture, l’accès à l’énergie, ainsi que l’urbanisation et les villes durables. Ces séances ont ainsi permis aux participants d’approfondir leur réflexion dans leurs domaines de compétence respectifs, d’échanger leurs connaissances et de revoir les questions soulevées la première journée, explorant les possibilités de collaboration future et de financement, ainsi que l’établissement de politiques, dans des contextes de recherche particuliers. Les séances étaient présentées différemment. Certaines, comme celle qui portait sur l’égalité des sexes, étaient présentées sous forme de cafés du monde afin de favoriser le dialogue, alors que d’autres misaient sur la participation d’un groupe de conférenciers. Les séances parallèles se sont poursuivies après le dîner. Cette deuxième série, plus introspective, visait à amener les groupes de réflexion à réfléchir sur leurs structures et méthodes. Encore une fois, les participants ont pu approfondir certains points particuliers afin de trouver des solutions pratiques et pertinentes aux problèmes soulevés.

Les leçons tirées de ces séances ont été diffusées sur les médias sociaux. Le mot-clic #2018TTIX a permis d’obtenir un aperçu des sujets traités par d’autres personnes. Nous avons entendu parler des défis et innovations dans certaines régions, comme les problèmes importants que connaît l’Ouganda en matière d’assurance-vie. On y a aussi expliqué comment une application mise en œuvre dans le cadre du partenariat entre la Tanzanie et le Pérou a permis d’accroître la participation de la collectivité à l’aménagement du territoire, et comment l’utilisation des médias populaires, comme la radio, a permis d’améliorer l’élaboration de politiques sur les changements climatiques au Népal. Nous avons aussi échangé des idées en matière de structure organisationnelle, examinant les progrès réalisés par les groupes de réflexion concernant l’établissement de budgets favorisant l’égalité des sexes dans les processus nationaux, de même que les conséquences de notre changement de perception, qui nous amène à nous considérer comme des acteurs politiques afin d’accroître notre influence sur les politiques.

Évidemment, certains sujets ont suscité plus d’intérêt que d’autres. Ce fut le cas notamment de la séance no 8 intitulée Les chercheurs des groupes de réflexion de demain, qui a été particulièrement populaire, et de la séance no 13 portant sur les nouvelles façons d’interagir avec les décideurs politiques. Ce constat est peut-être révélateur des besoins particuliers qui existent au sein de la collectivité. C’est en reconnaissant ces intérêts communs que nous pourrons établir des objectifs communs et éclairer les mesures qui devront être prises à l’issue de l’Échange et du programme de l’ITT.

Enfin, nous nous sommes réunis une fois de plus pour procéder au lancement du livre intitulé Strengthening Policy Research : Role of Think Tank Initiative in South Asia. Publié par les éditions Sage, à New Delhi, cet ouvrage relate les expériences de 14 groupes de réflexion soutenus par l’ITT. Cet important exposé est d’une valeur inestimable puisqu’on y évalue l’impact de cette forme de soutien continu dans divers groupes de réflexion. Bitrina Diyamett, directrice générale de l’Organisation pour la recherche sur les politiques en matière de science, de technologie et d’innovation (STIPRO), a qualifié le livre d’extrêmement important, et Ajaya Dixit, directeur général de l’Institut pour la transition sociale et environnementale au Népal (ISET-Népal) et corédacteur du livre, a souligné qu’il s’agissait d’un ouvrage unique pouvant servir de modèle à d’éventuelles publications dans d’autres régions.

Mme Diyamett soutient que cette synthèse des expériences vécues par divers groupes de réflexion régionaux a contribué à déterminer la meilleure façon de les soutenir, ainsi que d’en maintenir et d’accroître la pertinence. Comme l’a fait remarquer M. Dixit, le lancement de ce livre est un moment décisif qui nous amène à souligner l’incroyable chemin parcouru par tous les membres de l’ITT au cours des dix dernières années et à y réfléchir.

 

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