Jour un de l’Échange de l’ITT 2018 : Examiner le passé, se tourner vers l’avenir

TTIX 2018 Day 1

La première journée de l’Échange de l’ITT a apporté une abondance d’idées pour alimenter d’autres discussions au cours des prochains jours. De la détermination de la façon dont les think tanks peuvent collaborer efficacement avec les bailleurs de fonds, aux réflexions concernant les rôles plus existentiels des producteurs et des conservateurs de connaissances dans une ère de fausses nouvelles, la journée a généré des débats vigoureux, honnêtes et qui invitent à réfléchir.

Cet échange tire sa force de sa communauté de ses animateurs, Nick Ishmael et Valerie Traore, qui ont veillé à ce que tous les participants se sentent impliqués dans les discussions tout au long de l’échange, tout en coordonnant des séances de groupe conçues en collaboration en après-midi et en répondant aux questions des participants dans la pièce et sur l’application.

Défis et collaboration

Lors de la séance plénière d’ouverture, Donica Pottie, de l’ambassade canadienne en Thaïlande, a fait remarquer que dans une ère de fausses nouvelles, la collaboration est essentielle. La nécessité de la collaboration a également été soulignée par Simon Keogh, du Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni, qui a fait référence à un monde « marqué par l’incertitude ». Les deux ont mis l’accent sur le rôle essentiel des think tanks, qui travaillent ensemble pour combattre cette incertitude.

Cette instabilité a été davantage explorée lors de la table ronde suivante. Cependant, il a été souligné que, bien qu’en reconnaissant les effets négatifs d’une hausse du recul et de la stagnation démocratiques dans certaines régions et d’une augmentation mondiale de la polarisation politique, nous ne devrions pas ignorer les défis existants et permanents, tels que la décolonisation. Les défis que les think tanks doivent surmonter ne sont pas tous nouveaux, mais les stratégies pour les relever devraient constamment être évaluées en collaboration pour s’assurer que les leçons sont transmises et utilisées à l’échelle de la communauté des think tanks.

Subrat Das, du CBGA de l’Inde, a souligné la nécessité de créer une diversité parmi les think tanks en matière de programmes de recherche. Un consensus se dégage de plus en plus relativement à la nécessité de changer l’accent lors de la conception de programmes de recherche; au lieu de cerner les problèmes à l’heure actuelle, rechercher les occasions dans l’avenir. Cela a également été souligné dans la séance « Demandez à un bailleur de fonds » où les experts ont convenu que pour accroître la participation, nous devons clairement démontrer les résultats positifs qui peuvent être atteints.

Leçons retenues

Dans la deuxième séance plénière, des évaluateurs du programme de l’ITT ont présenté les leçons qu’ils ont retenues après avoir examiné dix années du projet. Ian Christoplos, de NIRAS, a mentionné les stratégies clés, telles que le renforcement de la capacité du personnel, qui avaient eu un effet cumulatif sur le succès des think tanks au sein du consortium. Un élément essentiel de l’apprentissage, cependant, est lié aux relations développées entre les think tanks eux-mêmes et dans leurs régions. Ian a mis l’accent sur le rôle central que les agents régionaux ont joué dans ce programme, en permettant un dialogue plus ouvert entre les think tanks et les décideurs politiques et les sociétés civiles.

La valeur du processus d’évaluation a été soulignée par Dan Peters, de la Fondation Bill et Melinda Gates. Il a mis l’accent sur la nécessité de diffuser ces constatations au-delà de la communauté de l’ITT afin de réaliser un véritable changement et de permettre aux think tanks de continuer à se développer et à collaborer efficacement outre la vie du projet. Un coordonnateur régional, par exemple, pourrait être efficace pour toutes les communautés de think tanks, en favorisant un dialogue ouvert et transparent entre les organisations de recherche, le secteur privé, les acteurs politiques et les sociétés civiles.

Financement

Le renforcement des relations a été une leçon pertinente apportée à la dernière plénière de la journée qui offrait une tribune aux bailleurs de fonds. Qu’il s’agisse de la compréhension des différents facteurs de financement national, comme présenté par Yamini Aiyar du CPR de l’Inde, ou de l’accroissement de la souplesse des think tanks pour qu’ils travaillent en collaboration avec des organismes qui ne font pas de recherche, la valeur de la confiance et d’un dialogue ouvert a été mise en évidence.

Le matin, Somkiat Tangkitvanich, du Thailand Development Research Institute, a souligné un élément qui a été réitéré dans cette séance, soit la nécessité de l’empathie – reconnaître que produire des données probantes n’est pas suffisant; elles doivent être intéressantes pour ceux qui en ont besoin. La communication des résultats est essentielle pour exercer une influence sur les politiques, mais, comme les bailleurs de fonds l’ont fait remarquer, la communication des résultats potentiels pour obtenir du financement l’est également. Sara Lucas de la Fondation William et Flora Hewlett a parlé avec passion de la nécessité que les think tanks mettent l’objectif final en évidence lorsqu’ils sollicitent les bailleurs de fonds. Elle a invité à se détourner des demandes de financement de base pour appuyer les institutions durables et à structurer des messages qui illustrent clairement les répercussions plus vastes de l’organisation, en allant au-delà des processus traditionnels de recherche et de mobilisation pour passer à des approches plus intégrées et collaboratives. Cela a été réitéré par Peter Taylor qui a fait remarquer l’importance des dialogues ouverts qui sont liés aux intérêts du bailleur de fonds, en ces mots : « commencez par leur source ».

En plus des séances plénières et des réunions d’experts, les participants ont été invités à créer ensemble des programmes ambitieux pour des think tanks durables qui répondaient aux constatations de l’évaluation. Les notes prises lors de cette séance seront présentées plus en détail demain.

Il n’est pas surprenant que vers la fin de l’Échange de l’ITT, la conversation ait surtout été axée sur les questions entourant la collaboration continue : renforcement des réseaux, travail collectif, augmentation de la portée des think tanks individuels pour réaliser des changements au moyen de méthodes plus vastes et systémiques, évitement des risques posés par les programmes tels que les ODD qui peuvent restreindre la vision des think tanks et donc leur capacité à prévoir plus largement les effets.

La première journée de l’échange a aidé à exposer les véritables défis auxquels font face les think tanks, non seulement ceux au sein de l’initiative, mais ceux plus étendus. Il est apparu clairement qu’il y a une volonté réelle d’exploiter le dynamisme du programme de l’ITT et de permettre aux think tanks de progresser ensemble à partir de ce programme de dix ans et de diffuser les pratiques exemplaires avec les think tanks au-delà du consortium.

Les leçons communiquées à partir de l’évaluation et les points de vue des bailleurs de fonds ont contribué à cerner les questions clés sur la façon de progresser vers un avenir durable, questions auxquelles, en tant que communauté, nous essaierons de répondre au cours des deux prochains jours.

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